Le poids de l’esthétique et l’esthétique du poids

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Trop gros, trop maigre…
Être trop gros ou être trop maigre, qu’est ce que ça veut dire ? D’abord, cela peut-être la conséquence d’une mauvaise hygiène de vie (excès de calories et absence d’activité physique favorisent l’obésité) ou de conditions de vie difficiles (pauvreté) qui peuvent, entre autre, entraîner une perte de poids. Ensuite, cela peut avoir pour origine une maladie somatique (déséquilibre hormonal par exemple) ou psychologique (anorexie ou boulimie).

Mais, dire de quelqu’un qu’il est trop gros ou trop maigre, c’est aussi le juger par rapport à une norme, par rapport à des critères esthétiques liés à des valeurs culturelles : aucune société n’y échappe ! Ces valeurs sont aussi dépendantes d’une époque donnée. En effet, les définitions du beau ou du laid sont très différentes selon les cultures et les siècles. Il suffit de regarder certaines sculptures africaines contemporaines, ou certains tableaux de maîtres européens du XVIIème siècle pour s’en convaincre.

Trop maigre pour être « trop belle »
Aujourd’hui, il semble qu’être beau soit synonyme d’être maigre. Non pas mince, ce qui sous-entendrait une certaine harmonie, un équilibre, une bonne santé psychique et physique, mais maigre. C’est d’autant plus étonnant qu’il semble que certaines jeunes filles aillent trop loin : vous l’avez certainement appris par les médias, une jeune mannequin est morte récemment « de maigreur ».

C’est paradoxal, mais notre société l’est aussi parfois : de plus en plus de nourriture, mais de plus en plus de pathologies liées à la nourriture. En tout cas, il semble que certaines adolescentes aient tendance à perdre leurs repères, jusqu’à ne plus savoir faire la part des choses, pensant ainsi atteindre l’idéal de beauté (inaccessible, comme tout idéal !) en repoussant les limites au point de se mettre en danger.
Ces idéaux esthétiques, portés par notre société, montrent qu’ils peuvent avoir un impact néfaste sur des jeunes gens fragiles, ou eux mêmes à la recherche de certains repères.

Vraiment trop trop…

Bien sûr, il n’est pas facile de se convaincre que l’important, c’est d’être bien dans sa peau quand on a quelques kilos de trop (souvent temporairement à l’adolescence d’ailleurs !) ; bien sûr, il n’est pas facile de se dire que « la beauté, c’est subjectif », que les critères qui la définissent varient d’une époque et d’une culture à l’autre ou même d’un individu à un autre … mais, si l’on porte sur son corps (sans en être toujours pleinement conscient) un regard qui ne distingue plus l’idée du Beau et l’idée de la mort, alors là, peut-être faut-il s’inquiéter et en parler autour de soi voire consulter un spécialiste …

Tout cela, finalement, pour attirer l’attention sur le fait qu’une définition prétendument personnelle de la beauté est toujours porteuse des valeurs de la société. Ce qui signifie que si une société est à un moment de son histoire où elle subit de grandes mutations et qu’elle n’a pas résolu des contradictions internes, cela, donc, signifie que les individus, eux aussi, peuvent porter ces contradictions … sur leur corps et en souffrir gravement. Heureusement, dans ces sociétés, il est toujours possible de trouver de l’aide : la preuve…

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