Comment faire le deuil de son conjoint?

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La disparition de votre conjoint initie au plus profond de vous-même un processus naturel, incontournable, indispensable que l’on appelle le deuil. Loin d’être votre ennemi, le deuil -compris à tort comme synonyme d’oubli ou de « page que l’on tourne »- est au contraire un processus de cicatrisation après le traumatisme de la perte. Il est le garant du non-oubli de la personne aimée.

Apprendre à vivre une autre vie
Au fil des ans, vous vous êtes construit(e) avec cette personne. Elle assumait une multitude de rôles qui constituait une partie de qui vous êtes aujourd’hui: elle était votre compagne ou votre compagnon, complice des loisirs ou des voyages, parent de vos enfants, source de soutien et parfois d’inspiration.

Il vous faut désormais apprendre à vivre seul(e), en assumant toutes les responsabilités de votre famille: être la seule personne prenant les décisions concernant l’éducation des enfants, la logistique de la maison, avoir une vision constructive sur l’avenir alors que celui-ci semble bouché… Il est indispensable que vous vous organisiez, le plus tôt possible, afin de ne pas être submergé(e) par l’ampleur de la tâche. Au besoin, dans les premiers temps, sollicitez activement l’aide d’amis ou de proches pour faire un état des lieux exhaustif de tout ce que vous devez prendre en charge au quotidien. Établissez alors vos priorités en conséquence.

Combien de temps va durer mon deuil?
Il est toujours difficile de répondre à une telle question car chaque chemin est unique. Néanmoins, il semble que, dans la majorité des cas, le plus gros de la peine soit derrière soi 2 ans / 2 ans et demi après le décès. Un apaisement peut survenir plus tôt mais mon expérience de plus de 20 ans va dans le sens de ce délai.

Ce temps est donc long et il est essentiel d’en avoir conscience pour ne pas se désespérer: c’est le temps incompressible du deuil et de la cicatrisation intérieure et il est vain de vouloir aller plus vite que ce processus naturel qui échappe à notre contrôle et à notre volonté.

Pourrais-je aimer à nouveau?
Pendant plusieurs mois -ou même plusieurs années- l’idée d’aimer à nouveau est totalement inconcevable. Le deuil rend très souvent impossible le fait de réinvestir une nouvelle personne car on souffre trop. Le point essentiel est de ne pas se réinvestir à fond dans un nouvel amour quelques mois après le décès et de se remarier, par exemple, dans les six mois. La plupart du temps, cela mène à la catastrophe car il s’agit là beaucoup plus d’une fuite pour tenter d’éviter la souffrance du deuil que d’un authentique amour. On utilise l’autre partenaire plus ou moins consciemment comme un instrument pour ne pas souffrir et pour ne pas se confronter à la réalité de l’absence.

Apprivoiser la douleur, sans oublier
Il est essentiel de comprendre qu’être en deuil de son conjoint et tomber à nouveau amoureux de quelqu’un d’autre ne sont pas contradictoires, même si on est troublé par ce constat. Le processus de deuil et le processus amoureux ne se situent pas au même niveau. Ils ne sont pas antinomiques l’un de l’autre. On découvre que l’on peut vivre, aimer, faire à nouveau des projets, tout en restant dans un vécu d’une tristesse liée à l’absence de son conjoint.

Avec le temps, on parvient à apprivoiser la douleur, mais elle est toujours là, en soi et souvent pour très longtemps (si ce n’est toute une vie). Cependant, à un moment donné, on constate qu’elle n’empêche plus d’être parfois très heureux, sans pour autant qu’il y ait eu oubli de l’être aimé. Ceci est un des aspects bénéfiques du processus de deuil. Il porte, à terme, la réelle et authentique promesse d’un apaisement après la douleur de la perte.

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