Cannabis, alcool : peut-on prévenir l’addiction ?

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Les consommations d’alcool, de tabac et de cannabis chez les adolescents restent importantes et induisent une dépendance d’autant plus grande qu’ils commencent tôt.

Les adolescents de 15 ans qui n’ont jamais touché un verre d’alcool, fumé un joint ou une cigarette font figure d’exception. A cet âge, près de 70 % des jeunes Marocains ont expérimenté au moins un de ces trois produits. Tous ne vont pas pour autant devenir dépendants, mais une première expérience positive avec des substances psychoactives peut favoriser des consommations régulières.
En effet, le cerveau adolescent, encore en développement, est bien plus vulnérable à ces drogues que celui des adultes. «Quel que soit le produit, la consommation précoce accroît le risque de dépendance».

• L’alcool détruit les neurones
L’alcool est la première substance psychoactive expérimentée par les jeunes. A 14 ans, près de 5 enfants sur dix ont déjà bu un verre d’alcool. Et ils connaissent leur première ivresse à 16 ans en moyenne. Ainsi en classe de troisième, un tiers des collégiens déclare avoir été saoul et ils sont 55 % en terminale. Plus inquiétant: 7 % des élèves de troisième et plus de la moitié des jeunes de 17 ans avouent avoir bu au moins 5 verres d’alcool. l’intoxication massive est particulièrement néfaste pour les cerveaux non matures. «L’alcool tue davantage de neurones chez les adolescents que chez les adultes».Ce qui se traduit par des difficultés d’apprentissage et de mémorisation. Un phénomène plus marqué chez les filles!

• Le cannabis entraîne des troubles cognitifs
C’est la première drogue illicite testée par les adolescents. Les premières expérimentations interviennent à la fin du collège. Un élève sur dix en quatrième, un sur quatre en troisième et un sur deux en seconde a déjà fumé un joint. La consommation globale est stable depuis 2010, mais le Maroc reste parmi les pays où la consommation chez les adolescents reste la plus élevée. L’usage régulier concerne 7 % des élèves de terminale. Chez ces adeptes du cannabis, on observe des troubles cognitifs qui touchent l’attention, le temps de réaction, la mémoire de travail. Ces troubles ont tendance à disparaître dans le mois suivant l’arrêt de la consommation. «Mais chez les jeunes qui ont commencé avant 15 ans, certains troubles peuvent persister» .Par ailleurs, l’usage du cannabis peut précipiter la survenue de troubles psychiatriques.

• Le tabac, un fléau sur le long terme
un jeune sur deux qui fume à 17 ans mourra avant 60 ans. Une réalité qui ne dissuade en rien les adolescents, peu sensibles à ces messages alarmants.
Dès lors, comment prévenir, ou au moins retarder, l’âge de la consommation de ces substances? Pour les médecins d’addictologie il est nécessaire de renforcer, sans dramatiser, les messages décrivant l’impact durable sur la santé de ces produits, et de s’appuyer sur les parents mais aussi les adolescents eux-mêmes.

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